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Modalités de mise en œuvre du mécanisme « Transfert primes/points » dans le cadre de la réforme PPCR

Versions antérieures de la circulaireLes versions antérieures des circulaires n’ont qu’une utilité optionnelle en cas de besoin particulier. Il faut donc utiliser ces documents avec précaution, notamment si vous doutez des informations qui y sont contenues. En cas d’incertitude, veuillez contacter le service info statut avant d’appliquer des dispositions peut être obsolètes.

Publiée le 25 juillet 2016

Références

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Introduction

L’article 148 de la loi de finances pour 2016 a instauré un dispositif dit de transfert « primes/points », dans le cadre de la réforme PPCR, pour compenser les effets de l’attribution de points d’indice auprès des employeurs (coût de la hausse des cotisations au régime spécial). Pour les agents, ce dispositif ne modifie en rien le net à payer et contribue même à une légère augmentation de leur pouvoir d’achat. L’objectif poursuivi est d’intégrer progressivement une partie des primes dans le traitement indiciaire des fonctionnaires pour augmenter leur pension de retraite (ajout de 4 à 9 points majorés selon la catégorie hiérarchique). Les logiciels de paye devraient rapidement se mettre en conformité avec ces nouvelles dispositions. Ci-dessous, le mode d’emploi et le calcul de l’abattement vous sont détaillés en fonction des situations rencontrées.

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1. Le calendrier : une mise en œuvre progressive des montants d’abattement primes/points

Le dispositif, bien qu’il ait vocation à être permanent une fois instauré, est progressivement mis en œuvre du 1er janvier 2016 jusqu’au 1er janvier 2018 selon les cadres d’emplois. Ainsi, pour l’année 2016 seuls les agents de catégorie B et ceux de catégorie A de la filière médico-sociale seront concernés. Les montants maximaux annuels des abattements prévus par la loi correspondent à des montants annuels bruts retranchés des indemnités perçues par les fonctionnaires dans la limite des plafonds forfaitaires ci-dessous, ce qui a une influence sur le calcul de l’assiette des cotisations dont le régime indemnitaire constitue une des composantes (CSG, CRDS, RAFP, contribution de solidarité).

Calendrier : le texte mentionnant que les abattements sont appliqués "à compter de (telle ou telle date)", cela signifie qu’ils ne sont pas limités dans le temps une fois le dispositif mis en place.
Catégorie hiérarchiquePlafonds forfaitaires annuels : montant total de l’abattementMontant lissé mensuellement (/12)Année de mise en application
Catégorie A de la filière sociale 167

389

13,92

32,42

2016

2017

Catégorie A des autres filières (attention : l’abattement est conditionné à l’entrée du cadre d’emplois dans le PPCR donc à la publication des textes) 167

389

13,92

32,42

2017

2018

Catégorie B 278 23.17 2016
Catégorie C 167 13.92 2017

Il convient de remarquer que d’une part la collectivité n’a pas à délibérer pour instaurer le dispositif, et que d’autre part elle ne peut fixer des montants d’abattement inférieurs à ceux prévus par le texte dans le cas où les fonctionnaires concernés percevraient des montants de primes supérieurs ou égaux au montant de l’abattement (exemple : un fonctionnaire de catégorie C perçoit 500 euros de primes annuelles : il se verra nécessairement appliquer un abattement sur 167 euros et non d’un quelconque montant inférieur ou supérieur qu’aurait fixé l’assemblée délibérante).

Le terme « plafond » signifie simplement que le montant d’abattement ne peut dépasser le montant des primes servies au fonctionnaire intéressé. Inversement, un agent qui ne toucherait aucune prime ne se verrait appliquer aucun abattement. Pour les agents percevant des montants indemnitaires inférieurs, le montant de l’abattement ne peut pas dépasser celui des indemnités effectivement perçues, dans la limite du plafond réglementaire. Par exemple, en catégorie B, pour un agent qui percevrait une prime annuelle de 200 €, l’abattement annuel serait limité à 200 € et non 267 €.

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2. Bénéficiaires du dispositif abattement primes/points

La circulaire ministérielle l’ouvre à l’ensemble des fonctionnaires tous régimes confondus et intègre donc les fonctionnaires à temps non complet (- 28h) dans le dispositif. Certains fonctionnaires sont concernés bien que leur situation appelle une proratisation de l’abattement :

  • les fonctionnaires recrutés ou radiés en cours d’année : calcul du montant de l’abattement au prorata du temps de présence dans la collectivité ;
  • les fonctionnaires à temps partiel ou à temps non complet (réduction au prorata de l’abattement) ;
  • les fonctionnaires changeant de catégorie en cours d’année (obtention d’un concours ou promotion interne) : calcul du montant de l’abattement au prorata de la période passée dans chaque catégorie ;
  • les fonctionnaires ayant plusieurs employeurs : ces derniers déterminent le montant de l’abattement en fonction de la quotité de travail de l’agent.
  • les fonctionnaires qui bénéficient d’un maintien d’indice à titre personnel sont concernés : ils bénéficient d’une majoration de leur traitement conformément au Décret 2016-1124 du 11 août 2016 portant majoration du traitement de certains fonctionnaires territoriaux bénéficiaires d’une clause de conservation d’indice à titre personnel.

L’abattement suit la variation du traitement. Selon une note de présentation du dispositif dans la FPE, toute réduction du montant indemnitaire en raison de congés de maladie, ou de quotité de temps de travail se traduira par une réduction à due proportion de l’abattement.

Pour les agents à temps partiel ou non complet l’abattement suit le traitement (exemple : 6/7ème pour les agents à 80% et 32/35ème pour les agents à 90%).

Exemple agent de catégorie B percevant 1000 euros de primes annuelles.
Quotité de temps de travailMontant maximal annuel de l’abattementMontant du prélèvement mensuel
Agent de catégorie B temps complet 278 23.17
Agent de catégorie B temps partiel 80 % 238.29 19.86
Exemple changement de catégorie : rédacteur devenant attaché en cours d’année (au 1er mars 2016).
Situation de l’agent à différentes périodes de l’annéeMontant de l’abattement
Janvier et février 2016 23,17 mensuel (s’il est à temps complet)
Mars à décembre 2016 Aucun abattement (les attachés n’étant pas concernés par le PPCR en 2016)
A compter de 2017 13,92 mensuel
A compter de 2018 32,42 mensuel

Pour plus de cas pratiques : voir la circulaire DGAFP du 10 juin 2016.

Agents non concernés

Les contractuels ne sont pas concernés par l’abattement

Bien que certains agents contractuels, notamment ceux recrutés sur emploi permanent, le soient en référence à un grade et à un cadre d’emplois, ils ne sont pas pour autant bénéficiaires automatiques des réformes de carrière intervenant pour les titulaires.

Néanmoins, il convient d’être attentif aux différences de rédaction des contrats. Si le contrat est rédigé en référence à un indice brut / majoré et à un échelon, il est difficile de refuser de répercuter par avenant les modifications indiciaires applicables aux contractuels de catégorie B ou à ceux de catégorie A (filière médico-sociale) dont l’acte d’engagement fait référence aux cadres d’emplois concernés par le PPCR. En effet les termes utilisés dans le contrat feront désormais référence, sans que ce soit le but recherché, à de nouvelles grilles indiciaires en vigueur.

En tout état de cause, les mesures d’abattement primes/points ne seront pas applicables à ces agents quand bien même ils bénéficieraient d’une revalorisation indiciaire.

Si en revanche le contrat ne fait référence à aucun indice ou échelon, mais à des éléments de rémunération exprimés en euros bruts, à un niveau de diplôme, à une ancienneté ou à un niveau d’expérience … rien n’oblige l’employeur à augmenter le traitement (ceci ne reste qu’une faculté, exercée par voie d’avenant).

Rédaction des clauses du contrat Contrat conclu antérieurement à la réforme Contrat conclu postérieurement au 1er janvier 2017 Dans tous les cas
Rémunération ne faisant référence ni à un indice ni à un échelon (mais seulement à des montants bruts en euros) Aucune obligation de modification. Possibilité d’avenant au choix de l’employeur Aucune obligation si ce n’est de vérifier les erreurs manifestes d’appréciation par rapport à un titulaire du même niveau de diplôme ou d’expérience Veiller aux erreurs manifestes d’appréciation de la rémunération notamment pour les contrats conclus à compter du 1er janvier 2017
Rémunération fixée en référence à un échelon, et les IM et IB qui lui sont associés (correspondant à un indice de titulaire) Obligation d’associer les indices correspondant à l’échelon indiqué, car l’IB associé deviendrait obsolète : avenant obligatoire Obligation d’associer les indices correspondant à l’échelon indiqué suite à la réforme PPCR
Rémunération fixée en référence à un indice majoré mais pas à un échelon ni à un indice brut Aucune obligation, le choix de l’indice majoré étant à la discrétion de l’employeur. Possibilité d’avenant Aucune obligation, le choix de l’indice majoré étant à la discrétion de l’employeur

Les agents occupant des emplois fonctionnels et rémunérés sur des grilles spécifiques lors de leur détachement sur emploi fonctionnel sont désormais concernés depuis la publication des textes permettant d’appliquer le PPCR à la catégorie A (voir la circulaire du CDG). L’abattement prend effet au 1er janvier 2017 si l’agent touche un régime indemnitaire.

Les contrats de droit privé (emplois aidés ou apprentis) ne sont pas concernés par le dispositif.

Les fonctionnaires qui ne perçoivent aucun régime indemnitaire ne sont pas non plus concernés. Un agent qui ne perçoit que des IHTS ou des indemnités d’astreinte ne sera par conséquent pas concerné par l’abattement, car il ne s’agit pas de régime indemnitaire au sens strict du terme.

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3. Eléments de rémunération impactés par l’abattement primes/points

L’abattement « primes/points » porte uniquement sur le régime indemnitaire de base au sens strict du terme et non sur tout élément facultatif et obligatoire de rémunération (uniquement indemnités de l’article 111 de la loi 84-53, RIFSEEP etc…), dans la limite du montant réellement perçu par l’agent.

Sont exclus du calcul de l’abattement les éléments suivants (art. 2 du décret n°2016-588) :

  • traitement indiciaire brut (TIB) ;
  • NBI (nouvelle bonification indiciaire) ;
  • SFT (supplément familial de traitement) ;
  • IR (indemnité de résidence) ;
  • frais de déplacement ;
  • prise en charge partielle des frais de transport (réguliers ou occasionnels) ;
  • IHTS (indemnités horaires pour travaux supplémentaires) ;
  • Indemnisation des astreintes.

Sont exclus du calcul de l’abattement les éléments qui entrent dans l’assiette de calcul des pensions civiles et militaires de retraite ou dans le régime de la CNRACL (indemnité de feu des sapeurs-pompiers et prime de sujétions des aides-soignants hospitaliers).

La période de référence servant de base au calcul de l’abattement est l’année civile.

Le montant et le calcul des primes ne sont pas impactés (pas de modification de la délibération ou des arrêtés individuels d’attribution du RI pris en application de celle-ci : l’arrêté abattement primes/points est suffisant, il n’abroge pas les arrêtés antérieurs).

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4. Calcul de l’abattement sur une fiche de paye : incidences sur le montant net à reverser

Le fonctionnaire concerné par la revalorisation perçoit le traitement indiciaire correspondant et ses primes habituelles. Simplement une ligne viendra s’ajouter sur le bulletin de paie dans le total brut, celle-ci matérialisant le montant de l’abattement (exemple : -23,17 pour la catégorie B). C’est une opération purement comptable dite de « transfert » qui ne modifie en rien le montant des primes octroyées, leur mode de calcul ou d’attribution.

Afin de ne pas payer des cotisations sur un montant non perçu par l’agent et non versé par l’employeur au titre du régime indemnitaire, l’abattement sera pris en compte dans l’assiette de calcul de la RAFP, de la CSG et de la CRDS, de la contribution exceptionnelle de solidarité, ces cotisations intégrant le montant du régime indemnitaire dans leur assiette (déduit de l’assiette).

Exemple de fiche de paie pour la catégorie B en 2016

Revalorisation indiciaire de 6 points soit 333,38 € (6 points majorés x 4.6303 € valeur au 1er janvier 2016) : en effet les nouvelles grilles incluent les points d’indice octroyés au titre du transfert primes/points.

L’abattement annuel sur les primes équivaut à 5 points soit 278 €. Pour 2016, l’abattement « primes/points » est rétroactif au 1er janvier 2016 et sera pratiqué lors du rappel de traitement indiciaire (catégorie B et la filière médico-sociale pour la catégorie A).

La loi (art 148 loi n° 2015-1785) fixe un montant d’abattement annuel et n’a pas prévu de revalorisation automatique de l’abattement basé sur la valeur du point. Ainsi, dès le 1er juillet 2016, l’abattement ne correspond plus tout à fait 5 points d’indice.

Les logiciels paie devront avoir intégré les nouveaux paramétrages, nous vous encourageons à vous rapprocher de ceux-ci. Cependant une illustration du mécanisme peut être donnée afin de comprendre le principe de l’absence de perte au niveau du traitement net pour l’agent : cette finalité est recherchée, il peut toutefois y avoir des cas minoritaires dans lesquels l’aspect forfaitaire de la hausse ne compense pas tout à fait l’abattement. Le montant de l’abattement apparaît sur une ligne spécifique (« abattement ou transfert primes/points ») de la fiche de paie, en négatif après la mention des primes (dont le montant n’est pas modifié).

Exemple : rédacteur principal de première classe au 1er échelon avant et après abattement (premier tableau : IM 365 / IB 404, deuxième tableau IM 371 / IB 418).

Exemple : rédacteur principal de première classe au 1er échelon avant abattement IM 365 / IB 404.
Base Taux Montant
Traitement indiciaire brut 365 (IM) 100 1690,06
Indemnité de résidence 1690,06 3% 50,70
Prime(s) 553,32
TOTAL BRUT 2294,08
Retenues salariales
CNRACL 1690,06 9,94 167,99
RAFP 338,01 5 16,90
CSG DEDUCTIBLE 2253,93 5,10 114,95
CSG NON DEDUCTIBLE 2253,93 2,40 54,09
CRDS 2253,93 0,50 11,27
Contribution exceptionnelle de solidarité 2109,19 1 21,09
TOTAL RETENUES 386,29
NET A PAYER 1907,79
Exemple : rédacteur principal de première classe au 1er échelon après abattement IM 371 / IB 418
Base Taux Montant
Traitement indiciaire brut 371 (IM) 100 1717,84
Indemnité de résidence 1717,84 3% 51,54
Prime(s) 553,32
Transfert primes/points - 23,17
TOTAL BRUT 2299,52
Retenues salariales
CNRACL 1717,84 9,94 170,75
RAFP 343,57 5 17,18
CSG DEDUCTIBLE 2259,28 5,10 115,22
CSG NON DEDUCTIBLE 2259,28 2,40 54,22
CRDS 2259,28 0,50 11,30
Contribution exceptionnelle de solidarité 2111,59 1 21,12
TOTAL RETENUES 389,79
NET A PAYER 1909,73
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5. Périodicité de l’abattement primes/points : annuelle ou mensuelle ?

L’abattement indemnitaire peut faire l’objet de précomptes mensuels : les précomptes représentent en ce cas un 12ème des plafonds annuels mentionnés dans cet article. Il est conseillé de calquer la périodicité de l’abattement sur la périodicité de versement des primes (hors IHTS, astreinte, etc…). Des solutions intermédiaires à la mensualisation ou à l’annualisation ne sont pas par conséquent exclues (semestrialisation, trimestrialisation...).

Toutefois, la somme des précomptes mensuels peut s’avérer in fine supérieure (exemple : en cas de non versement du régime indemnitaire pendant les congés de maladie) au montant maximal annuel brut des indemnités prises en compte pour la détermination de l’abattement et effectivement perçu par un agent : les sommes indument perçues donneront alors lieu à reversement au plus tard au mois de janvier de l’année suivante.

Les textes n’interdisent pas le prélèvement annuel. En fin d’année, il conviendra dans ce cas de procéder au recensement du régime indemnitaire perçu pendant l’année civile en cours et de réduire dans la limite du plafond.

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